Les responsables religieux en Arizona qui prennent connaissance de violences à l’égard d’enfants lors d’une confession religieuse ne sont pas tenus de les signaler, selon une récente décision de la Cour suprême de l’État. Cette décision protège le « sceau de la confession » et a des implications importantes pour la sécurité des enfants et la responsabilité juridique.
Contexte de la décision de la Cour suprême de l’Arizona
L’affaire concernait trois enfants victimes d’abus sexuels infligés par leurs parents, Paul et Leizza Adams. Les enfants ont intenté une action en justice contre l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (LDS) et deux évêques qui savaient qu’il y avait eu des violences, mais ne les avaient pas signalées aux autorités. La Cour suprême de l’Arizona, à l’unanimité, a jugé que les responsables religieux sont dispensés du signalement obligatoire lorsque des violences sont portées à leur connaissance lors d’une confession confidentielle.
Cette décision s’inscrit dans le droit de l’Arizona qui reconnaît la confidentialité de la confession religieuse. L’Église LDS a accueilli favorablement cette décision, en déclarant qu’elle a toujours condamné les abus et qu’elle consacre des ressources à la prévention et à l’aide aux victimes.
Principales implications juridiques
Cette décision établit un précédent selon lequel des protections religieuses peuvent primer sur les obligations de signalement obligatoire dans certains contextes. Toutefois, elle ne s’applique pas à toutes les situations : les responsables religieux doivent encore signaler les violences s’ils en prennent connaissance en dehors du cadre de la confession, ou via d’autres moyens non confidentiels.
Cette décision contraste avec une loi de 2025 dans l’État de Washington, qui aurait contraint les responsables religieux à signaler les violences sexuelles, mais qui a été retirée après une action en justice engagée par l’Église catholique.
Comparaison des lois des États sur le signalement des responsables religieux
| État | Obligation de signalement des responsables religieux | Statut |
|---|---|---|
| Arizona | Dispensé si connu en confession | Confirmé par la Cour suprême |
| Washington | Obligation de signaler toutes les violences | Retiré en 2025 |
| Californie | Doivent signaler si ce n’est pas un privilège | En vigueur |
Pourquoi c’est essentiel pour la protection de l’enfance
Les violences à l’égard des enfants constituent une trahison tragique de la confiance, et la décision de justice a suscité un débat sur l’équilibre entre la liberté religieuse et la sécurité des enfants. Les critiques estiment que la dispense accordée aux responsables religieux peut laisser les enfants vulnérables, tandis que les partisans soulignent la sacralité de la confession.
- En Arizona, les responsables religieux ne sont pas légalement tenus de signaler les violences révélées en confession.
- Les violences apprises en dehors de la confession doivent toujours être signalées.
- L’Église LDS a condamné les violences et soutient les efforts de prévention.
- Cette décision pourrait influencer la législation future dans d’autres États.
Ce que cela signifie pour les victimes et les familles
Les victimes d’abus peuvent se sentir découragées si elles en parlent pendant une confession et qu’aucun signalement n’est effectué. Toutefois, elles peuvent encore chercher de l’aide par d’autres voies, par exemple auprès des forces de l’ordre ou des services de protection de l’enfance.
Les familles doivent savoir que, même si les responsables religieux bénéficient de cette dispense, ils ne sont pas à l’abri de poursuites civiles. Dans cette affaire, les enfants ont poursuivi l’Église et les évêques, et la décision de justice portait uniquement sur l’obligation de signalement, et non sur la responsabilité pour négligence.