Les entreprises d’aliments ultra-transformés entravent les programmes mondiaux de santé en poursuivant des pays qui mettent en place des politiques alimentaires plus saines, selon l’Organisation mondiale de la Santé. Cette tendance inquiétante révèle la manière dont les grandes entreprises agroalimentaires utilisent des stratégies juridiques pour retarder ou faire annuler des mesures de santé publique, au prix de milliards d’euros en dépenses de santé et de frais juridiques.
Le directeur général de l’OMS prend la parole
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a fait part d’une prise de conscience sévère des conclusions de l’enquête. Il a souligné qu’à partir du moment où les intérêts du profit et les dommages causés sont liés au même produit, un schéma familier d’ingérence de l’industrie apparaît : semer le doute et entraver l’action.
Alors que près d’un milliard de personnes vivent avec l’obésité dans le monde, des régimes alimentaires malsains demeurent un facteur majeur de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de cancer. Les aliments ultra-transformés représentent désormais la moitié du régime alimentaire moyen dans de nombreux pays, dont le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie.
L’attaque juridique contre les politiques de santé
Une enquête menée par le Guardian, Lighthouse Reports et des partenaires médiatiques dans quatre continents a révélé 235 poursuites déposées entre 2010 et 2025 au Mexique, en Colombie, au Brésil, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Ces actions visent des avertissements sanitaires sur la face avant des emballages, des restrictions de commercialisation ainsi que des taxes sur les aliments de mauvaise qualité.
En public, les entreprises affirment soutenir ces politiques, mais dans les coulisses, elles traduisent les gouvernements en justice afin de les affaiblir ou de les retarder. Cette double approche mine la confiance des consommateurs et ralentit les progrès en matière de prévention de l’obésité.

Répercussions sur la santé mondiale et les économies
Ces batailles juridiques ne font pas seulement perdre du temps aux mesures indispensables, elles épuisent également des ressources publiques. Les pays consacrent des millions à la défense de leurs politiques de santé, détournant ainsi des fonds des programmes de santé réels. L’OMS souligne qu’une telle ingérence constitue un obstacle majeur à l’atteinte des objectifs mondiaux en matière de nutrition.
Pour les consommateurs, les conséquences sont graves : exposition persistante à des produits nocifs, hausse des taux d’obésité et augmentation des coûts de santé. Le besoin d’une élaboration des politiques transparente et fondée sur des preuves n’a jamais été aussi urgent.
Comparaison des tendances de poursuites par pays
| Pays | Poursuites déposées (2010-2025) | Politique principale visée |
|---|---|---|
| Mexique | Élevé | Étiquettes d’avertissement |
| Colombie | Moyen | Restrictions de commercialisation |
| Brésil | Moyen | Fiscalité |
| États-Unis | Élevé | Normes nutritionnelles |
| Royaume-Uni | Faible | Interdictions de publicité |
Points clés à retenir
- Les entreprises mondiales d’aliments intentent activement des poursuites contre les gouvernements pour faire obstacle aux politiques de santé.
- Plus de 235 poursuites ont été déposées entre 2010 et 2025.
- L’obésité touche près d’un milliard de personnes, et les aliments ultra-transformés représentent 50 % des régimes dans de nombreux pays.
- Les actions en justice coûtent des milliards aux pays en dépenses de santé et en frais juridiques.
- L’OMS appelle à davantage de transparence et de responsabilité de la part de l’industrie agroalimentaire.
FAQ
Pourquoi les entreprises d’aliments ultra-transformés poursuivent-elles des pays ?
Qu’est-ce qu’un aliment ultra-transformé ?
Quel impact cela a-t-il sur les consommateurs ?
Que peut-on faire ?
Les gouvernements doivent renforcer leurs moyens de défense juridiques et la coopération internationale pour résister à la pression des entreprises. Les défenseurs de la santé publique demandent l’adoption de traités contraignants sur le comportement de l’industrie alimentaire, sur le modèle de la lutte contre le tabac.
Les consommateurs peuvent également contribuer au changement en exigeant des options plus saines et en soutenant des politiques qui privilégient le bien-être plutôt que le profit. La lutte contre l’obésité nécessite une action collective de l’ensemble des secteurs.