Un nouveau sondage révèle une crise de confiance grandissante au sein du Parti travailliste, la majorité de ses membres estimant que le Premier ministre Keir Starmer ne peut pas redresser la fortune du parti. L'enquête, menée par le groupe de réflexion Compass avant les désastreuses élections locales et parlementaires, montre que 45 % des membres travaillistes pensent que Starmer devrait démissionner. Cela marque une forte augmentation par rapport à octobre, où seulement 28 % estimaient qu'il devait démissionner après de mauvais résultats électoraux.
La direction de Starmer sous le feu des critiques
Le sondage auprès de plus de 1 000 membres du parti a révélé que 51 % ne croient pas que Starmer puisse inverser la tendance des sondages du parti avant les prochaines élections générales. Ce manque de confiance est aggravé par le fait que 36 % des membres ont envisagé d'annuler complètement leur adhésion. Ces résultats surviennent après une nuit électorale brutale où Reform UK a remporté des centaines de sièges, le SNP a décroché une cinquième victoire historique en Écosse, et Plaid Cymru a mis fin à un siècle de domination travailliste au Pays de Galles.
Lena Swedlow, directrice adjointe de Compass, a déclaré : « Les électeurs ont fait entendre leur mécontentement face à la direction de Starmer jeudi, et maintenant les membres travaillistes aussi. Près de la moitié veulent qu'il se retire et plus de la moitié ne pensent pas qu'il soit l'homme de la situation. » Ce sentiment reflète une désillusion plus large, près de la moitié des membres (49 %) tenant à la fois Starmer et son gouvernement national pour responsables des résultats désastreux.
Andy Burnham émerge comme le favori incontesté
Lorsqu'on leur a demandé de classer leur successeur préféré, 42 % des membres travaillistes ont choisi Andy Burnham, le maire du Grand Manchester, comme premier choix. Burnham bénéficie d'une cote de popularité nette de 72 %, ce qui suggère qu'il serait un candidat solide lors de toute élection à la direction. Cependant, son chemin vers la direction est actuellement bloqué par le Comité exécutif national (NEC) du Parti travailliste, qui lui a refusé la possibilité de se présenter à un siège parlementaire.
Plusieurs députés travaillistes proches de Burnham ont déclaré au Guardian qu'ils souhaiteraient un calendrier ordonné et digne pour que Starmer se retire, permettant au maire de chercher un siège au Parlement. Le sondage souligne un désir clair de changement tant dans la politique que dans le personnel du gouvernement.
Principaux résultats du sondage en un coup d'œil
Les données révèlent un parti en pleine tourmente, avec des membres profondément divisés sur la direction future. Voici un résumé des statistiques les plus frappantes de l'enquête Compass :
| Indicateur | Pourcentage |
|---|---|
| Membres qui veulent que Starmer démissionne | 45 % |
| Membres qui ne croient pas que Starmer puisse redresser le parti | 51 % |
| Membres qui préfèrent Andy Burnham comme successeur | 42 % |
| Membres envisageant d'annuler leur adhésion | 36 % |
| Membres tenant Starmer et le gouvernement pour responsables | 49 % |
| Cote de popularité nette de Burnham | 72 % |
Pourquoi les membres perdent confiance
La déroute électorale de jeudi a été un coup dévastateur. Labour a perdu le contrôle de plusieurs conseils municipaux en Angleterre au profit de Reform UK, tandis que les Verts ont réalisé des gains significatifs à Londres, signalant une désillusion progressiste face à l'approche centriste de Starmer. En Écosse, la victoire du SNP a encore érodé le bastion traditionnel travailliste. Le sondage suggère que les membres considèrent Starmer comme incapable de contrer la montée de Reform UK de Nigel Farage lors des prochaines élections générales.
Les membres ne blâment pas seulement Starmer ; 49 % voient l'ensemble du gouvernement national comme complice de l'échec. Cette dissension interne est un défi majeur pour un parti qui a besoin d'unité pour constituer une opposition crédible. Le groupe de réflexion Compass, affilié au caucus Mainstream qui soutient Burnham, note que procéder à des changements « de manière ordonnée, mesurée et réfléchie sera crucial pour la stabilité et la prospérité » du parti.
FAQ : Crise de la direction travailliste
Q : Pourquoi les membres travaillistes veulent-ils que Keir Starmer démissionne ?
R : Le sondage montre que 45 % des membres veulent que Starmer démissionne parce qu'ils estiment qu'il ne peut pas redresser le parti après des pertes électorales catastrophiques face à Reform UK, au SNP et à Plaid Cymru. Plus de la moitié (51 %) doutent de sa capacité à remporter les prochaines élections générales.
Q : Qui est le favori pour remplacer Starmer ?
R : Andy Burnham, le maire du Grand Manchester, est le favori incontesté, 42 % des membres le classant comme leur premier choix. Il bénéficie d'une cote de popularité nette de 72 %, mais il est actuellement empêché de se présenter au Parlement par le NEC travailliste.
Q : Quels ont été les résultats électoraux clés qui ont déclenché cette crise ?
R : Labour a perdu des centaines de sièges de conseillers municipaux au profit de Reform UK en Angleterre, le SNP a remporté un cinquième mandat historique en Écosse, et Plaid Cymru a mis fin à la domination centenaire de Labour au Pays de Galles. Les Verts ont également réalisé des gains à Londres, reflétant un mécontentement progressiste plus large.
Q : Combien de membres envisagent de quitter le Parti travailliste ?
R : Plus d'un tiers (36 %) des membres interrogés ont déclaré envisager de démissionner de leur adhésion, soulignant une grave érosion de la loyauté au parti et de la confiance dans la direction actuelle.
