Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exhorté les pays du monde entier à se préparer à davantage de cas d'hantavirus après une épidémie mortelle à bord du navire de croisière MV Hondius. S'exprimant lors d'une conférence de presse à Madrid aux côtés du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, Tedros a remercié l'Espagne pour sa « compassion et sa solidarité » en accueillant le navire en détresse et en évacuant ses passagers et son équipage. Il a souligné que, bien qu'il n'y ait actuellement aucun signe d'une épidémie plus large, la situation pourrait changer rapidement en raison de la longue période d'incubation du virus.
Comprendre l'épidémie d'hantavirus sur le MV Hondius
Le MV Hondius, qui naviguait de l'Argentine au Cap-Vert, est devenu l'épicentre d'une crise sanitaire après que trois passagers — un couple néerlandais et un ressortissant allemand — sont morts du hantavirus. L'OMS a jusqu'à présent confirmé neuf cas du variant Andes du virus, dont une Française et un ressortissant américain qui ont été testés positifs après avoir été évacués du navire. Le ministère espagnol de la Santé a rapporté qu'un des 14 Espagnols évacués et placés en quarantaine dans un hôpital militaire à Madrid a été testé positif et présente des symptômes légers, mais reste stable.
Le hantavirus se transmet généralement par contact avec des rongeurs sauvages et leurs excréments, mais le variant Andes est particulièrement préoccupant car il peut se transmettre d'une personne à l'autre dans de rares cas de contact étroit. L'épidémie sur le navire de croisière met en lumière les risques de la vie en espace confiné et des voyages, où le virus peut se propager plus facilement parmi les passagers et l'équipage avant l'apparition des symptômes.
Recommandations de l'OMS et protocoles de quarantaine
Pour contenir la propagation, l'OMS a émis des recommandations claires, notamment une quarantaine de 42 jours pour les contacts à haut risque et une surveillance constante des personnes potentiellement exposées. Tedros a expliqué que davantage de cas sont attendus en raison du degré élevé d'interaction entre les passagers avant que l'alarme ne soit donnée. Le premier cas a été confirmé le 2 mai, mais le cas index remonte au 6 avril, ce qui signifie que de nombreux passagers ont eu des contacts étroits avant la mise en œuvre de mesures de prévention des infections.
Les principales directives de l'OMS pour la gestion des épidémies d'hantavirus comprennent :
- Isolement immédiat des cas confirmés dans des chambres à pression négative
- Recherche des contacts et surveillance jusqu'à 42 jours
- Mesures d'hygiène strictes pour éviter l'exposition aux rongeurs
- Équipement de protection individuelle (EPI) pour les professionnels de santé
Ces mesures sont cruciales car le hantavirus peut provoquer le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), une maladie respiratoire grave avec un taux de mortalité d'environ 38 %, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis. Les premiers symptômes incluent fièvre, courbatures et fatigue, qui peuvent rapidement évoluer vers une toux et un essoufflement.
Préparation mondiale et responsabilité nationale
Tedros a souligné que chaque pays est désormais responsable de ses citoyens après l'évacuation. Il a exhorté les gouvernements à prendre soin des patients et des passagers, en les aidant tout en protégeant leurs propres populations. Le chef de l'OMS a félicité l'Espagne pour avoir réagi rapidement après que le Cap-Vert a refusé l'autorisation d'accoster au navire, donnant un exemple fort de coopération internationale en cas d'urgence sanitaire.
Les autorités sanitaires du monde entier sont désormais en alerte. L'appel à l'action de l'OMS rappelle que les maladies zoonotiques — celles qui se transmettent des animaux aux humains — restent une menace mondiale persistante. Le changement climatique, la déforestation et l'augmentation des interactions homme-animal risquent d'accroître la fréquence de telles épidémies, rendant la préparation essentielle.
FAQ : Hantavirus et épidémies sur les navires de croisière
Qu'est-ce que le hantavirus et comment se transmet-il ?
Le hantavirus est une famille de virus principalement propagés par les rongeurs. Le variant Andes trouvé en Amérique du Sud est unique car il peut également se propager d'une personne à l'autre par contact étroit, comme le partage d'une cabine ou le fait de se trouver dans le même espace clos pendant des périodes prolongées. L'infection se produit généralement lorsque les personnes inhalent de la poussière contaminée par l'urine, les excréments ou la salive des rongeurs.
Quels sont les symptômes de l'infection par le hantavirus ?
Les premiers symptômes incluent fièvre, courbatures sévères, fatigue et maux de tête. À mesure que la maladie progresse, elle peut provoquer une toux et un essoufflement en raison de l'accumulation de liquide dans les poumons. Cette affection, connue sous le nom de syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), peut être mortelle si elle n'est pas traitée rapidement dans une unité de soins intensifs.
Quelle est la période d'incubation du hantavirus ?
La période d'incubation du hantavirus varie de deux à huit semaines, mais elle est généralement d'environ deux à quatre semaines. En raison de cette longue période d'incubation, des cas peuvent continuer à apparaître des semaines après l'exposition, comme on l'a vu dans l'épidémie du MV Hondius où le cas index a été identifié le 6 avril, mais les symptômes sont apparus plus tard.
Que doivent faire les voyageurs pour se protéger du hantavirus ?
Les voyageurs se rendant dans des zones où le hantavirus est connu doivent éviter tout contact avec les rongeurs et leurs excréments. Sur les navires de croisière et dans d'autres espaces confinés, il est essentiel de maintenir une bonne hygiène, de signaler immédiatement tout symptôme et de suivre les protocoles de quarantaine. L'OMS recommande à toute personne ayant été en contact étroit avec un cas confirmé de surveiller sa santé jusqu'à 42 jours.
