Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, se rend à Tenerife alors que le navire de croisière MV Hondius touché par le hantavirus s'apprête à accoster aux îles Canaries espagnoles tôt dimanche. L'épidémie, liée au virus Andes mortel, a déjà fait trois morts et infecté huit personnes, déclenchant une opération de rapatriement internationale impliquant l'Allemagne, la France, la Belgique, l'Irlande, les Pays-Bas, les États-Unis et le Royaume-Uni.
Les autorités sanitaires espagnoles coordonnent un processus de débarquement soigneusement contrôlé. Les passagers ne pourront emporter que leurs effets personnels essentiels, tandis que le corps de la victime décédée et les bagages restants resteront à bord pour désinfection aux Pays-Bas. L'UE a déployé deux avions supplémentaires pour aider au rapatriement des citoyens européens, tandis que les ressortissants non européens des États-Unis et du Royaume-Uni sont couverts par des plans d'urgence distincts.
Qu'est-ce que le hantavirus et pourquoi cette épidémie est-elle préoccupante ?
Le hantavirus est une maladie virale rare mais grave, transmise principalement par contact avec l'urine, les excréments ou la salive des rongeurs. Le virus Andes (ANDV) est une souche particulièrement dangereuse présente en Amérique du Sud, connue pour provoquer le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), qui peut être mortel dans jusqu'à 40 % des cas. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis, les premiers symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires, fatigue et vertiges, suivis d'une détresse respiratoire sévère en quelques jours.
Ce qui rend cette épidémie particulièrement alarmante, c'est que le virus Andes est le seul hantavirus connu pour se transmettre d'une personne à l'autre, bien que cette transmission soit rare. L'OMS a confirmé que sur les huit cas signalés, six sont confirmés comme étant le virus Andes, avec quatre patients actuellement hospitalisés. Un cas précédemment suspecté s'est révélé négatif, et un homme en isolement sur l'île Tristan da Cunha reste un cas probable en attendant les résultats de laboratoire.
Chronologie et réponse : comment les autorités gèrent la crise
Le MV Hondius, exploité par Oceanwide Expeditions, suivait un itinéraire isolé avant la détection de l'épidémie. Le navire est désormais prévu pour accoster aux îles Canaries entre 4 h et 6 h, heure locale, dimanche. Le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a confirmé que des vols de rapatriement sont organisés par plusieurs nations, avec 42 des 75 contacts identifiés en Afrique du Sud déjà sous surveillance.
Le directeur général de l'OMS, Tedros, a déclaré sur X : « Je rejoindrai de hauts responsables gouvernementaux dans une mission à Tenerife pour superviser un débarquement sécurisé. » L'implication directe de l'OMS souligne la gravité de la situation, alors que l'agence travaille aux côtés des responsables sanitaires espagnols pour empêcher toute propagation supplémentaire. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a également émis des directives sur la surveillance des personnes exposées et la mise en œuvre de mesures de quarantaine strictes.
Faits clés sur l'épidémie du MV Hondius
- Nombre total de cas : 8 confirmés, dont 3 décès
- Souche virale : Virus Andes (ANDV)
- Hospitalisés : 4 patients actuellement sous soins
- Contacts tracés : 75 en Afrique du Sud, 42 sous surveillance active
- Nations de rapatriement : Allemagne, France, Belgique, Irlande, Pays-Bas, États-Unis, Royaume-Uni, plus le soutien de l'UE
Ce que les passagers et les résidents à proximité doivent savoir
Pour les passagers encore à bord, des examens de santé seront effectués avant le débarquement. Les autorités espagnoles ont assuré au public que le risque de transmission communautaire est extrêmement faible, car le hantavirus ne se propage pas facilement entre les personnes. Cependant, toute personne développant des symptômes tels qu'une fièvre soudaine, des douleurs musculaires ou des difficultés respiratoires dans les six semaines suivant une exposition potentielle doit consulter immédiatement un médecin.
L'OMS recommande aux voyageurs provenant des zones touchées de surveiller leur santé jusqu'à 45 jours et d'éviter tout contact avec les rongeurs. Les CDC conseillent également qu'il n'existe aucun traitement spécifique ni vaccin contre le hantavirus, ce qui rend les soins de soutien précoces essentiels. Bien que la situation soit sous contrôle, cet incident rappelle brutalement les risques associés aux voyages dans des zones isolées et l'importance de la coopération sanitaire internationale.
Foire aux questions (FAQ)
Qu'est-ce que le hantavirus et comment se transmet-il ?
Le hantavirus est une maladie virale transmise par contact avec l'urine, les excréments ou la salive des rongeurs. La souche du virus Andes peut également, dans de rares cas, se transmettre d'une personne à l'autre. Elle provoque le syndrome pulmonaire à hantavirus, une maladie respiratoire grave avec un taux de mortalité élevé.
Combien de personnes ont été touchées sur le MV Hondius ?
Selon la dernière mise à jour de l'OMS, il y a 8 cas confirmés, dont 3 décès. Quatre patients sont actuellement hospitalisés. Un cas probable est en isolement sur l'île Tristan da Cunha, en attendant une confirmation en laboratoire.
Est-il sûr de voyager aux îles Canaries en ce moment ?
Oui. Les autorités sanitaires espagnoles ont mis en place des mesures de contrôle strictes, et le risque pour le grand public est considéré comme très faible. L'épidémie est confinée au navire de croisière et à ses passagers. Les voyageurs doivent suivre les précautions d'hygiène standard et surveiller l'apparition de symptômes s'ils ont été en contact étroit avec des personnes infectées.
